Le bélé

Article extrait de l'exposition "Balade dans l'histoire" réalisé en mai 2011

” Cette exposition  est  consacrée à la présentation de la culture bèlè afro martiniquaise. Elle tentera d’en donner un éclairage historique, de montrer sa parenté avec le gwoka  Guadeloupéen, le maloya Réunionnais, le kasékô Guyanais et de dessiner les contours de son implantation en France hexagonale. Elle sera ouverte au public lors de la journée culturelle du 22 mai 2011 consacrée à la rencontre et à la découverte des cultures d’outre mer, dans le cadre de la quinzaine culturelle « Antilles sur Bièvre, mémoires partagées », organisée par l’antenne CM98 de Cachan, en partenariat avec la Mairie de Cachan, l’ADOMC (association des originaires d’outre mer) et l’association BELESPWA.

“Commissariat Association BELESPWA
– Grange Gallieni 2 rue Gallieni 94230 CACHAN
Commissaire : Grégoire MANSUELA
Commissaire : Lysiane LESEL

...Une signature afro-descendante de la culture Martiniquaise

Fondement important de la culture martiniquaise, (les Martiniquais disent: poto mitan), le bèlè est souvent désigné  comme  un ensemble codifié de chants, de rythmes, de danses et de manières de vivre qui expriment les sentiments, les émotions et les espérances du peuple martiniquais.

            Mais il s’agit d’une tradition culturelle bien plus large :  la culture bèlè.

Elle est fondée sur les dimensions expressives, sociales et  symboliques de la danse (dont on peut encore observer le rôle  d’exutoire qu’elle joue pour beaucoup d’Antillais,  dans les boites de nuit, les diners dansant et  les zouks du samedi soir), sur des pratiques  d’entraide, sur des formes et des règles concrètes d’existence et sur une recherche d’élévation spirituelle.

  La culture bèlè résulte de la résistance initiale au système esclavagiste et colonial de nos ancêtres africains déportés et des luttes pour la survie, la dignité et la liberté de leurs descendants paysans et ouvriers après l’abolition de l’esclavage  en 1848…

Les origines du bèlè

  …Entre le XVIe et le XIXe siècle, des millions d’Africains, déportés et réduits en esclavage dans les Amériques et dans la Caraïbe ont donné naissance, au fil des générations, à des cultures originales, à des formes d’expressions nouvelles comme le bèlè, le Gwoka de la Guadeloupe, la rumba ou santéria cubaine.

           « Le bèlè tire son origine de l’Afrique, mais c’est dans le contexte de la Martinique qu’il a été développé par les esclaves, puis prolongé et  consolidé dans les campagnes par leurs descendants paysans et ouvriers  »

          Après la période de l’esclavage,  il subit dépréciation et rejet sous la pression de l’idéologie assimilationniste qui l’associe négativement aux esclaves, à leurs descendants ruraux, à la débauche et à la pauvreté.

          Cette période sera  suivie d’ une phase de consolidation et de développement durant la première moitié du vingtième siècle. Elle sera  prolongée par l’avènement et la reconnaissance de la culture bèlè facilités par le mouvement de la négritude et par celui de la créolité…

Les répertoires du bèlè

          On distingue trois grands répertoires se déroulant dans l’ordre suivant dans une swaré bèlè:

 Le danmyé 

Egalement appelé Ladja, Kokoyé ou Wonpwen, le danmyé désigne une lutte dansée cadencée par des chants et le rythme du tambour.  Elle met en scène deux lutteurs évoluant  à l’intérieur d’une ronde délimitant l’aire de combat. Le danmyé est un art de combat qui a pour stratégie la ruse et le camouflage.

Le bèlè 

Ce répertoire  se compose de chants, de musiques et de danses récréatives, de réjouissances, de travail, satiriques et  pamphlétaires. Les thèmes abordés sont la vie quotidienne, les questions de sociétés, l’amour, les faits divers, la politique, la chronique sociale.

Le lalinnklè

Ce sont des danses d’origine symbolique et religieuse, danses cultuelles liées à des rites de fécondité, elles célèbrent le féminin, le ventre nourricier. Fortement combattues par l’Eglise et par les maîtres pour leur caractère jugé « licencieux », « infâme », elles étaient exécutées dans la plus grande clandestinité la nuit par les esclaves…

mais il y en a beaucoup d’autres formes de musique, de danses dans l’univers culturel Martiniquais : kalenda, rythmes de travail,…

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