Le danmyé, un art ancestral

Bel Espwa

Approche de définition du danmyé​

Un art martial ancestral qui combine techniques de combat mixtes, danses et rites afro-descendants de Martinique

  • Le Danmyé ou le Ladja est une lutte qui mixe des techniques de combats (frappes pieds/poings,préhension, luttes et projections), tout en cadence, au son du tambour, du tibwa et des chants.
  • Trois formes de pratique existent :

Le dansé danmyé

Exécution de figures de danse et de postures decombats en cadence, au son du tambour, sans contacts physiques.

Anmizman danmyé

danse avec les contacts physiques en plus. Les coups sont montrés, mais ne sont pas percutés.

Ladja 

Combats libres cadencés par les chants, le tambour etles tibwa. Les coups percutés, peuvent provenir de toutes les parties du corps et peuvent être percutés.

Origine du danmyé

C’est la rencontre de l’Afrique et de l’Europe en terre de Martinique qui donne naissance à cet art martial.

Les Africains déportés de toutes les régions d’Afrique, majoritairement de Sénégambie, recréent une culture commune en terre de Martinique, dans le système des plantations, aux contacts des Européens.

Certaines cérémonies initiatiques africaines telles le " N’golo ", qui symbolisait le passage du monde de l’adolescence au monde adulte et qui consistait en un affrontement sous forme de lutte, ont sans nul doute participer à la naissance du danmyé.

Le danmyé puise certainement ses origines dans les nombreuses formes de luttes ou danses africaines telles :

o le Laamb : lutte commune au Sénégal (lutte sénégalaise) Cette lutte autorise le pratiquant à allier aussi bien le corps à corps que des frappes.

o le Kamangula : d'Angola : qui se caractérise par son exécution à mains ouvertes

o le Boreh de Gambie: le but de cette lutte est que l’un des combattants envoie son adversaire au sol. Les frappes pieds poings sont autorisées, mais aussi des stratégies détournées.

Renouveau du danmyé

Pratiquer le danmyé, c’est:

  • Interpréter une danse traditionnelle afro-Martiniquaise

o les postures et les déplacements sont cadencés par les chants, le son des ti bwa et du tambour

  • Apprendre une self défense ludique et ancestrale :

o Initiation à un art decombat qui combine, différentes techniques de luttes cadencées Africaines, maisaussi des apports Européens, le tout synthétisé dans la culture Martiniquaise.

  • S’initier à un jeu universel de guerriers:

o Les postures sont naturelles, les coups maîtrisés, les réflexes automatisés dans un «jeu decombats»

  • Faire de la ruse, «ou wèy ou pa wèy» une vraie philosophie de combat::

o Dimension essentielledu combat, le ou wèy ou pa wèy retranscrit une vision singulière dumonde : Le visible cache souvent l’invisible. Ce que tu crois voir, n’est pas ce qui vaarriver et le coup que tu pares n’est peut être pas celui qui va t’atteindre.

L’espace et les temps de combat:

Le danmyé s’est longtemps pratiqué sur les plantaions les week-end après la paie.

Pendant longtemps il n’existait que deux espaces de pratique :

– Les swaré bèlè et moman bèlè : traditionnellement, la soirée commence par des combats de danmyé, puis le bèlè prend la relève

Aujourd’hui, des associations s’axent de plus en plus sur le développement de sa pratique et de sa vulgarisation, tant an Martinique (AM4, Lézinisyé…) qu’en France (Bèlèspwa).

Les codes:

M.M.A. (mix martial arts) d’avant-garde, de par ses origines Africaines diverses, ainsi que de par les inévitables apports Européens, le danmyé a la particularité d’être l’un des rares sports de combat qui combinent: préhension (saisies), projections, percussion (coups) et corps à corps (lutte)

Historique du danmyé

Historique:

  • Après la départementalisation en 1947, des décrets municipaux interdisent la pratique du Danmyé.
  • La montée en puissance des groupes folkloriques durant les années 60, avec notamment le Ballet Martiniquais, remit au goût du jour ce sport de combat au cours de joutes chorégraphiées.
  • Avec les années 70 et l’émergence des mouvements indépendantistes, le phénomène prit de l’ampleur au point de devenir de plus en plus concret 30 ans après.
  • De nos jours, des associations culturelles comme l’AM4 et la Maison du Bèlè travaillent pour réactualiser les connaissances autour de cette activité.
  • Quelques Martiniquais, amoureux de cet art se sont livrés à des recherches approfondies ;

o Josy Michalon, dans son livre : Le ladja, origine et pratiques (éditions caribéennes)

o Sully Cally/Lezin, dans le livre : Musiques et danses Afro-Caraïbe

o L’association AM4 dans document : Asou chimen Danmyé

Connu sous l’appellation de Danmyé, Ladja , Kokoyé ou encore Wonpwen , cet art martial mixe :

o des frappes pieds, poings, avec de nombreuses variantes

o des saisies et projections variées

o de la lutte tout en cadence..

Le danmyé et autres sports de combats afro-descendants

S’il est vrai que le danmyé ne s’est développé qu’à la Martinique, on retrouve dans ses techniques, des similitudes avec, d’autres danses de lutte qui prennent leurs racines en Afrique, telles qu’à la Réunion (le Croche ou Moringue) ou au Brésil (la Capoeira).

Le Danmyé ou Ladja, de par ses origines, s’apparente forcément à la Capoeira brésilienne. Et le néophite pourrait n’y voir qu’une forme d’imitation. Certes, l’espace scénique reste le même, le lawonn (la ronde), le chanteur, les répondè (chœurs), les combattants qui s’affrontent 2 par 2…

Mais, dans le danmyé, les instruments diffèrent. Le tamtam Africain s’est mué, pour donné naissance au tanbou danmyé, avec ses tibwa comme métronome. La re-création qui éclos en terre de Martinique, le syncrétisme culturel donnent naissance à cet art martial typiquement Martiniquais, le danmyé.

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